Enquête Participative Exclusive | 2024-2025
FULA FULA DEAL, au cœur de la mafia de la force aérienne des FARDC au Kivu
Une enquête participative et exclusive du centre de recherche et d'expertise en InfoCom FACTUALITÉ Afrique. Le projet « Filigrane », spécialisé dans l'authentification de documents et de sources, mené par le même centre, a participé à la certification des documents qui apparaîtront tout au long de cette investigation.
Travaux menés à GOMA / BENI / WALIKALE en 2024 et 2025
Investigation OSINT✓ Documents authentifiés par Filigrane
Au Kivu, où l'armée congolaise affronte depuis fin 2021 les combattants du Mouvement du 23 Mars (M23), faisant partie de la plateforme politico-militaire Alliance Fleuve Congo/AFC, une forte mobilisation de l'aviation militaire a été mise en place par l'état-major des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC). Derrière cette logistique, censée approvisionner les différentes lignes de front en troupes et en matériels de guerre essentiels, se dissimule un business totalement illégal.
Un réseau clandestin au sein de la flotte militaire
Lors d'une série d'investigations au sein de la flotte aérienne des FARDC entre Goma, Beni et Walikale, FACTUALITÉ Afrique a réussi à établir un lien entre plusieurs officiers de la Force aérienne des FARDC et un réseau de transport recrutant des voyageurs civils. Ceux-ci sont ensuite transportés contre le paiement d'un montant forfaitaire variant entre 100 et 200 dollars américains — ou gratuitement — dans des avions pilotés par des ressortissants caucasiens d'Europe de l'Est, sans aucun respect des règles de navigation : pas de contrôle des pièces d'identité, aucun check-in des bagages emportés, pas de sièges dans les avions.
Trafic de minerais et biodiversité
Des colis de minerais consignés par des officiers quittent les forêts de Beni, Lubero, Walikale et de l'Ituri. À l'aéroport de départ de Mavivi, à Beni, ils sont strictement interdits de manipulation ou de fouille, car flanqués de noms d'officiers sur leurs emballages rudimentaires. Ils sont embarqués au même endroit que les milliers de caisses de munitions servant de sièges aux passagers.
Au tarmac privé — escale de la Force aérienne de l'aéroport de Goma — des intermédiaires passent récupérer ces colis, ensuite écoulés sur divers marchés locaux et régionaux de contrebande minière. Des espèces issues de la biodiversité, comme la viande de brousse, feraient également partie de la marchandise, selon nos recherches.
