Floribert Ndjabu est un ancien seigneur de guerre en Ituri. Condamné par la justice nationale après son expulsion des Pays-Bas, où il avait sollicité l'asile politique à la suite de sa comparution comme témoin dans le dossier Mathieu Ngudjolo devant la Cour Pénale Internationale (CPI), il est rentré en Ituri pour œuvrer en faveur de la paix après avoir purgé sa peine à Kinshasa. Aux côtés de Thomas Lubanga — premier condamné de la CPI —, il participait à une mission officielle du gouvernement congolais visant à inciter les groupes armés à déposer les armes, avant d'être kidnappé en 2022 par la milice CODECO. Tous deux ont réussi à s'échapper. Aux dernières élections législatives, Ndjabu a été élu député national. Thomas Lubanga, lui, avait été élu député provincial, mais son mandat a été invalidé par la justice congolaise. Depuis lors, Lubanga s'est réfugié à Kampala, capitale de l'Ouganda, d'où il a lancé une nouvelle rébellion : la Convention pour la Révolution Populaire (CRP).

En tant qu'élu de l'Ituri, comment expliquez-vous la résurgence de la violence armée et qu'est-ce qui pourrait être à la base de cette rechute ?

Floribert Ndjabu : Avec la chute des villes de Goma et Bukavu aux mains des rebelles du M23 et tout ce qui se profile à l'horizon avec les négociations, l'Ituri subit la pression de cette guerre. Les chefs rebelles de la région pensent qu'en restant militairement actifs, ils s'assurent une place dans l'agenda des prochains processus de négociation et un accès au pouvoir.

Y a-t-il un risque de violences interethniques ?

Floribert Ndjabu : Il existait un risque énorme de violences interethniques. Heureusement, cela n'est pas encore le cas, car les notables de la région et les députés travaillaient à Bunia et ont signé une déclaration commune pour enterrer la hache de guerre. Mais la CRP de Thomas Lubanga doit également être consultée. Voilà la situation en Ituri en ce moment : la guerre est déjà là, l'armée poursuit les éléments de la CRP dans plusieurs localités. Il faudra en discuter pour que Thomas Lubanga revienne à la raison et que l'on trouve un terrain d'entente propice à la paix dans la province.

Donc, pour vous, il n'y a pas de risques de violences interethniques pour l'instant ?

Floribert Ndjabu : Il existe des risques accrus de violences interethniques, d'autant plus que le général Muhoozi Kainerugaba, chef de l'armée ougandaise, avait déclaré que ses forces venaient protéger une catégorie du peuple de l'Ituri. Cela a créé une psychose et a constitué un élément déclencheur. Il y a beaucoup de retenue de notre côté. Nous avons longuement plaidé pour que l'Ituri ne s'embrase pas et nous continuons à le faire. Car croyez-moi, (

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